Article 5 : Apogée
La résurrection des Catacombes

21 octobre 2025, Bâle : Queens of the Stone Age réinvente tout, au bord de la mort

Par Augustin Moritz Kuentz democratie.me, Juillet 2026
Affiche du concert de Bâle par Rodolfo Jofre (Jofre con Jota), Alive in the Catacombs, Baloise Session 2025

Affiche du Baloise Session, Bâle, 21 octobre 2025, illustrée par Rodolfo Jofre, alias « Jofre con Jota » : le crâne couronné, la flèche, les ossements. Le memento mori de toute une série.

Introduction : Le sommet est une résurrection

Les catacombes · La chute · La tournée · Bâle 2025 · La résurrection · Conclusion

Au terme de cette traversée, il faut nommer le sommet. Une série intitulée « Architecture de la Perfection » doit bien, à la fin, dire où se cache la perfection. On l'attendait quelque part dans un grand concert électrique, une démonstration de puissance, un soir où tout serait joué sans une faute. Ce n'est pas là qu'elle se trouve. L'apogée de Queens of the Stone Age n'est pas un triomphe de virtuosité. C'est une résurrection.

Le 21 octobre 2025, à Bâle, sur la scène du Baloise Session, Josh Homme n'a pas donné le concert le plus puissant de sa carrière au sens où on l'entend d'ordinaire. Il a donné le plus improbable. Pas de mur de guitares, pas de tubes, pas de « No One Knows ». À la place, une messe orchestrale et dépouillée, une douzaine de musiciens, un trio à cordes, des cuivres, des chœurs, et un répertoire de raretés et de ballades, réarrangé jusqu'à devenir méconnaissable. Un groupe de rock qui, au lieu de cogner, se met à murmurer.

Pour comprendre ce geste, il faut remonter à sa source, et cette source est un tombeau. Tout est né dans les catacombes de Paris, en juillet 2024, sous plusieurs millions de morts, et de ce qui a failli, vingt heures plus tard, faire de Homme l'un d'eux. La réinvention des Catacombes n'est pas un caprice de mise en scène. C'est l'aboutissement logique de tout ce que cette série a raconté : l'architecture de la contrainte, pratiquée depuis Kyuss, poussée cette fois jusqu'à son terme par la mortalité elle-même.

Alive in the Catacombs, pochette du projet : Josh Homme allongé sur un tombeau sous Paris

La pochette du projet : Homme allongé sur un tombeau, sous Paris. Tout l'article tient dans cette image.

C'est la thèse de ce dernier article, et elle renverse l'attente. Le sommet n'est pas la performance sans faute, invérifiable et un peu vaine. Le sommet, c'est d'avoir survécu, puis d'avoir transformé cette survie en une forme entièrement neuve. À près de quarante ans de carrière, un cancer et une chirurgie d'urgence derrière lui, Homme ne prouve pas qu'il est le meilleur. Il prouve quelque chose de plus rare : que le rock, même à voix basse, même au bord de la tombe, n'est pas mort. Voici comment on en est arrivé là.

Chapitre 17 : Les catacombes de Paris (juillet 2024)

Affiche officielle du film Alive in the Catacombs, silhouette de Josh Homme

L'affiche du film Alive in the Catacombs : « Jamais je ne me suis senti aussi vivant que lorsque j'ai failli mourir. »

Un rêve vieux de vingt ans

Tout commence par une file d'attente. Il y a une vingtaine d'années, un jour de relâche à Paris, Josh Homme veut visiter les catacombes. La file fait trois heures et demie. « Comment est-ce que je saute la queue ? » se demande-t-il alors, mi-provocateur, mi-rêveur. L'idée ne le quittera plus : jouer là, en bas, sous la ville, au milieu des morts. Il lui faudra presque vingt ans pour l'obtenir. Queens of the Stone Age deviendra le premier groupe légalement autorisé par la Ville de Paris à donner un concert dans les catacombes.

Josh Homme chantant dans les catacombes de Paris, film Alive in the Catacombs

Josh Homme, seul au micro dans la crypte. Image du film tourné sous Paris.

Jouer sous les morts

En juillet 2024, le groupe descend enfin. L'endroit n'a rien d'une salle de spectacle : des kilomètres de galeries, des piliers entièrement tapissés d'ossements, plusieurs millions de Parisiens anonymes empilés depuis deux siècles. Homme en parlera avec un mélange d'effroi et de gratitude : « Si l'on doit un jour être hanté, entouré de plusieurs millions de morts, c'est l'endroit rêvé. Je ne me suis jamais senti aussi bien accueilli de ma vie. »

Il n'y a pas d'électricité, en bas. Le piano, un Wurlitzer, est alimenté par une batterie de voiture. Le groupe, réduit et accompagné d'un trio à cordes, joue à voix basse, presque en apnée, dans une acoustique de pierre et d'os. Homme dit exactement ce que le lieu impose : « On est aussi dépouillés parce que cet endroit est dépouillé. Ce serait ridicule d'essayer de faire du rock ici. C'est cet espace qui commande tout, c'est lui le patron. »

Et cette phrase, glaçante, sur ce qui l'entoure : « Les piliers sont entièrement incrustés de crânes, de fémurs, de métacarpes. Tu es entouré de ce que tu vas devenir. » Rarement une contrainte spatiale aura été aussi littérale, ni aussi totale. On ne joue pas contre les catacombes ; on se soumet à elles.

Josh Homme un couteau entre les dents dans les catacombes, devant une épitaphe latine

Homme, un couteau entre les dents, adossé aux ossements et à une épitaphe latine. « Tu es entouré de ce que tu vas devenir. »

« Alive in the Catacombs » : cinq titres, un trio à cordes

De cette session naît « Alive in the Catacombs », un objet double, un EP de cinq titres et un film. Cinq morceaux choisis parmi les plus mélancoliques et les moins évidents du répertoire, réarrangés pour cordes : « Running Joke / Paper Machete », « Kalopsia », « Villains of Circumstance », « Suture Up Your Future » et « I Never Came ». En tête de ce corpus, on retrouve cette « Running Joke » exhumée d'Era Vulgaris dont on parlait à la fin de l'article précédent. La pépite oubliée revenait, transfigurée, au fond d'un tombeau : preuve, s'il en fallait une, que rien ne se perd tout à fait chez Homme.

Le film, réalisé par Thomas Rames pour La Blogothèque, sort le 5 juin 2025, suivi de l'EP le 13 juin. Ce n'est pas un clip promotionnel, c'est un document, presque un rituel filmé, doublé d'un making-of signé Andreas Neumann. Homme y évoque « le plus grand public devant lequel [ils aient] jamais joué », entendant par là les morts eux-mêmes. La formule est belle, et elle est sincère : il ne s'agissait pas de conquérir une foule, mais de se tenir devant elle.

« Alive in the Catacombs », le film intégral tourné sous Paris (chaîne officielle QOTSA).

Personne, dans ces galeries, ne savait ce qui allait suivre. Homme, lui, le pressentait peut-être. Car moins d'un jour après avoir posé la dernière note sous la terre, il allait remonter à la surface pour y frôler, encore une fois, sa propre disparition.

Chapitre 18 : Vingt heures plus tard

La chute

Le lendemain des catacombes, tout bascule. Moins de vingt heures après avoir joué sous la terre, Homme est sédaté et opéré en urgence. Il le raconte, laconique : « Le lendemain des catacombes, j'étais dans un avion médicalisé, et dès l'atterrissage, trois heures plus tard, on m'ouvrait. »

Le documentaire du projet, avec le passage à l'hôpital : des catacombes à la table d'opération.

L'opération, dont la nature n'a jamais été divulguée, l'immobilise de longs mois. Sept, précisément, dont il fera le décompte glaçant : « J'ai joué dans les catacombes, et en une vingtaine d'heures on me sédatait et on m'endormait. Puis j'ai passé les sept mois suivants au lit. On m'avait annoncé dix-huit mois, deux ans. »

Les conséquences sont immédiates et publiques. Le 9 juillet 2024, huit dates européennes sont annulées. Le 23 août, c'est toute la fin de la tournée 2024 qui s'effondre. Le groupe s'arrête net, sans que le public sache vraiment pourquoi, Homme préférant rester vague, par pudeur.

Descente dans les catacombes de Paris, couloir de pierre en noir et blanc

La descente vers la crypte. Le même homme qui, vingt heures plus tard, descendra au bloc.

Un corps qui lâche, encore

Ce n'était pourtant ni son premier combat, ni même son deuxième. On se souvient de la quasi-mort de 2010, racontée dans l'article précédent. Mais entre-temps, il y avait eu pire encore, et plus silencieux : un cancer, diagnostiqué en 2022, opéré, dont il n'annoncera la rémission qu'à la fin de 2023, d'une formule sobre, « je vais bien, tout est clair ». La nature de ce cancer, comme celle de l'opération de 2024, il ne l'a jamais dite.

On tient là un homme qui, en une quinzaine d'années, aura frôlé la mort au moins trois fois, et qui en aura fait, chaque fois, non pas un motif de retrait, mais de création. La mort n'est pas, chez Homme, un accident qui interrompt l'œuvre. Elle en est devenue le moteur.

Affiche Queens of the Stone Age, tournée des Catacombes 2025

Queens of the Stone Age, tournée des Catacombes, 2025

« Je ne me suis jamais senti aussi vivant »

Car voici le paradoxe qui gouverne tout ce dernier chapitre de sa vie. Loin de l'abattre, ces passages au bord du gouffre semblent le galvaniser : « Chaque fois que j'ai eu un de ces “oups, j'ai failli mourir”, je ne me suis jamais senti aussi vivant. Si on me donne la chance de réparer ça et d'avancer, je le ferai. »

Il file, à la sortie de ces sept mois de lit, une image qui dit tout de son état d'esprit : « Je me sentais comme un taureau de rodéo appuyé contre la barrière. Du genre : quand vous ouvrirez cette foutue porte, je vais foncer. »

Et il ajoute, lucide, une phrase qui éclaire la forme même du projet des Catacombes : « C'est mieux que j'aie été souffrant, parce que si j'avais été en pleine forme, on aurait sans doute fait quelque chose de plus “californien”. » La maladie, autrement dit, n'a pas seulement précédé la réinvention. Elle l'a dictée.

Le dépouillement des Catacombes, ce refus du rock frontal, cette voix qui se retient, tout cela est le son d'un homme qui revient de loin et qui n'a plus rien à prouver, sinon qu'il est encore là. Restait à porter ce son sur scène, devant les vivants.

Queens of the Stone Age au grand complet dans les catacombes de Paris

Le groupe au complet, en cercle sous Paris. La contrainte spatiale devenue dispositif musical.

Chapitre 19 : La tournée des Catacombes (2025)

Ressusciter le projet

Après sept mois de lit, Homme se relève, et il relève avec lui un projet que tout le monde croyait enterré. La tournée annulée de 2024 ne reviendra pas telle quelle. À la place, il choisit de prolonger le geste des catacombes, d'en faire une forme de concert à part entière. Il l'avait pressenti dès la descente sous Paris, comme il le confiera plus tard : « Je savais, quand on est entrés dans les catacombes, que la tournée était finie. Le groupe le savait. Mais personne d'autre ne le savait. » Ce qui ressemblait à une fin devient un commencement.

Treize musiciens, une messe orchestrale

Le dispositif n'a plus rien d'un concert de rock. Autour des cinq membres du groupe, Homme réunit une petite formation orchestrale : un trio à cordes dirigé par Eric Gorfain, une section de cuivres, tuba, trombone, trompette et cor, des chœurs, un xylophone, des claviers et des percussions additionnelles. Treize musiciens en tout, selon la liste officielle. Le répertoire y est réarrangé de fond en comble, tiré vers la ballade, la retenue, la couleur orchestrale.

Homme tient à écarter d'emblée le malentendu du concert acoustique de circonstance : « Ce n'est pas un MTV Unplugged. Ne vous méprenez pas. C'est pour vous. Je vous ai apporté ce truc. » Il ne s'agit pas d'un groupe électrique qui débranche pour faire joli, mais d'une réécriture complète de l'œuvre, pensée pour une autre acoustique, une autre intimité, un autre rapport au public.

Une dramaturgie en trois actes

La grande trouvaille est scénographique. Le concert est bâti comme une pièce en trois actes. Le premier se joue en petit comité, sur une scène réduite installée au milieu du public, en une série de chapitres presque chuchotés. Puis le groupe rejoint la grande scène pour deux actes qui montent peu à peu en amplitude, jusqu'à retrouver, à la toute fin, quelque chose de la puissance rock d'origine. On passe du murmure au grand air, de la crypte à la lumière. La forme épouse le sujet : c'est une remontée, une résurrection mise en espace.

LES AFFICHES DE LA TOURNÉE

Affiche de la tournée Alive in the Catacombs — Affiche générale
Affiche générale
Affiche de la tournée Alive in the Catacombs — Chicago
Chicago
Affiche de la tournée Alive in the Catacombs — Thunder Valley
Thunder Valley
Affiche de la tournée Alive in the Catacombs — Milan, 18 octobre
Milan, 18 octobre
Affiche de la tournée Alive in the Catacombs — Berlin, 23 octobre
Berlin, 23 octobre
Affiche de la tournée Alive in the Catacombs — Paris, 20 octobre
Paris, 20 octobre
Affiche de la tournée Alive in the Catacombs — La Nouvelle-Orléans, 2 nov.
La Nouvelle-Orléans, 2 nov.
Affiche de la tournée Alive in the Catacombs — Santa Barbara
Santa Barbara
Affiche de la tournée Alive in the Catacombs — Alive in the Catacombs Tour
Alive in the Catacombs Tour
Affiche de la tournée Alive in the Catacombs — Alive in the Catacombs Tour
Alive in the Catacombs Tour

Une ville, une affiche. La tournée des Catacombes 2025 a essaimé une série de sérigraphies, chacune déclinant le même memento mori : crânes, ossements, et cette couronne qui coiffe la mort.

Ces affiches ne sont pas un produit dérivé jetable, et c'est un point d'honneur ancien. Depuis la fin des années 1990, Queens of the Stone Age entretient une tradition devenue rare : une sérigraphie originale, tirée à la main en édition limitée, signée et numérotée comme une estampe, pour presque chaque ville et chaque date. L'imprimeur White Duck Editions, qui a produit les affiches de la tournée européenne des Catacombes, le dit sans détour : certains groupes ont un public qui réclame sa sérigraphie, et QOTSA est de ceux-là.

Derrière ces images, un réseau d'affichistes fidèles. Alan Forbes grave le style du groupe depuis 1999 ; Boneface a signé l'identité visuelle de ...Like Clockwork, Villains et In Times New Roman... ; Ken Taylor, Kii Arens, Jermaine Rogers ou Rhys Cooper reviennent de tournée en tournée. Pour les Catacombes de 2025, le principe est poussé à son terme : une ville, un artiste. Milan à Nacho, Paris à Shian, Berlin à Vance Kelly, le Royal Albert Hall à Dido Peshev, et Bâle à Rodolfo Jofre, alias « Jofre con Jota », illustrateur chilien de Valparaíso. On en compte des centaines au fil de vingt-cinq ans de tournées, impossibles à toutes recenser, et c'est un peu l'intention : chaque concert laisse sa relique. Cette exigence vient d'en haut. Homme, qui dit chercher son Ralph Steadman comme un reporter gonzo cherche le sien, a toujours refusé le générique : on n'apprend les règles, aime-t-il répéter, que pour mieux les briser.

Ce n'est pas un détail décoratif, et c'est pourquoi ces affiches émaillent le présent article d'un bout à l'autre. Elles font partie du récit autant que la musique. Retirez-les, et il resterait les faits, les dates, les setlists ; gardez-les, et surgit une mythologie, ce bestiaire de crânes couronnés, de corbeaux, de papillons et d'ossements qui transforme une tournée de concerts en légende visuelle. C'est là, sans doute, une part du secret QOTSA : le groupe ne se contente pas de jouer sa musique, il la met en images, et cette double signature, sonore et graphique, est peut-être ce qui fait tenir la légende plus longtemps que les autres.

Une poignée de dates, un événement

La tournée européenne de l'automne 2025 est brève et précieuse, sept à huit dates seulement : Milan, le Grand Rex à Paris, Bâle, Copenhague, Amsterdam, Anvers, et pour clore, le Royal Albert Hall de Londres le 29 octobre. Chaque soir est un événement rare, presque un privilège, tant le format est fragile et non reproductible à grande échelle. C'est dans ce cadre que s'inscrit la date qui nous intéresse, et qui condense tout le projet : le 21 octobre 2025, à Bâle.

Chapitre 20 : Bâle, 21 octobre 2025

Le quarantième Baloise

Le Baloise Session fête, en 2025, ses quarante ans. Le festival bâlois a une particularité : il accueille ses têtes d'affiche dans une Event Halle transformée en cabaret, tables et chaises, à peine quinze cents spectateurs assis, dans une proximité rare. Cette année-là, l'affiche mêle Duran Duran, Jon Batiste, Amy Macdonald, et, le 21 octobre, Queens of the Stone Age. En première partie, un groupe local, les Bâlois de Moonpools. Toutes les soirées de l'édition sont complètes. Ce décor feutré est le cadre idéal pour ce que le groupe s'apprête à faire.

Josh Homme au chant, Baloise Session, Bâle, 21 octobre 2025

Josh Homme au chant, dans la lumière rouge du Baloise Session, Bâle, 21 octobre 2025.

Du murmure au grand air

À 21h20, le concert commence. Il durera une heure cinquante-cinq, jusqu'à 23h15. Fidèle à sa dramaturgie, il s'ouvre dans le dépouillement, sur la petite scène plantée au milieu des tables, en une poignée de chapitres feutrés. Le public, décrit par la RTS comme « déjà conquis par la formule presque acoustique et intimiste », retient son souffle. Puis, acte après acte, le groupe gagne la grande scène et l'ampleur orchestrale, les cuivres et les cordes montant en puissance, jusqu'à ce que le rock, longtemps contenu, affleure de nouveau.

Josh Homme au bord de la scène, tournée Alive in the Catacombs 2025

Homme au bord de la scène, au plus près du public. La remontée du murmure vers le grand air. (Photo Grace Kim)

Une setlist de fantômes

La setlist, à elle seule, est une déclaration. Aucun tube. Ni « No One Knows », ni « Go With the Flow », ni « Feel Good Hit of the Summer ». À la place, un chapelet de raretés et de ballades, bâti en trois actes : d'abord les cinq titres nés dans les catacombes, joués dans le dépouillement, puis deux mouvements qui fouillent les marges du répertoire et montent peu à peu en puissance, jusqu'à « ...Like Clockwork ».

On y note même « Auto Pilot » chantée par le bassiste Michael Shuman, et un « Easy Street » joué pour la première fois sur scène. C'est un concert qui refuse la facilité, qui fouille les marges de l'œuvre plutôt que d'en ressortir les trophées. Une setlist de fantômes, à la mesure du lieu qui l'a inspirée. Homme ne cherche pas à plaire ; il cherche à dire quelque chose, et il choisit ses mots parmi les moins entendus.

SETLIST — BÂLE, 21 OCTOBRE 2025

Baloise Session · 21h20 – 23h15 · The Catacombs Tour

Acte I · « Alive in the Catacombs »

1. Running Joke / Paper Machete
2. Kalopsia
3. Villains of Circumstance
4. Suture Up Your Future
5. I Never Came

Acte II

6. Someone's in the Wolf / A Song for the Deaf / Straight Jacket Fitting
7. Mosquito Song
8. Keep Your Eyes Peeled
9. Spinning in Daffodils (reprise de Them Crooked Vultures)

Acte III

10. « You Got a Killer Scene There, Man… »
11. Hideaway
12. The Vampyre of Time and Memory
13. Auto Pilot (chant : Michael Shuman)
14. Easy Street (première live)
15. Fortress
16. …Like Clockwork

Rappel

17. Long Slow Goodbye

Source : setlist.fm

Le concert entier, capté par ARTE Concert, est disponible en ligne. Avant de le disséquer piste par piste, on peut le regarder d'un seul tenant.

Queens of the Stone Age, le concert intégral du Baloise Session 2025 (ARTE Concert).

La setlist, piste par piste

Chaque morceau de cette soirée a une histoire, un album d'origine, parfois une voix qui n'est plus là. Reprenons-les un par un. Pour les cinq titres nés dans les catacombes, on peut comparer la version originale et la version souterraine ; pour les autres, on retrouve l'original et, quand elle existe, la captation de Bâle.

Acte I · les cinq des catacombes

Running Joke / Paper Machete — Era Vulgaris (2007) & In Times New Roman... (2023)

Le concert s'ouvre sur un télescopage de deux époques. « Running Joke », d'abord, ce bonus d'Era Vulgaris dont le riff affleure déjà, sur le même disque, dans la coda cachée de « Long Slow Goodbye » (la « hidden finale » qui surgit à 5:16) : une méditation sur l'impermanence, rois et pions promis au même oubli. Puis « Paper Machete », tiré d'In Times New Roman, que Homme a reconnu comme un règlement de comptes né de la fin de son mariage. Deux colères, l'une résignée, l'autre à vif, fondues en une seule ouverture. Sur l'EP, les deux ne forment d'ailleurs qu'une seule piste de cinq minutes trente-deux, un medley assumé qui ouvre le disque comme il ouvre le concert.

« Running Joke », version originale (Era Vulgaris, 2007)

« Paper Machete », version originale (In Times New Roman, 2023)

« Running Joke / Paper Machete », version des catacombes (Alive in the Catacombs)

Kalopsia — ...Like Clockwork (2013)

Le mot désigne l'illusion de voir les choses plus belles qu'elles ne sont, avant la désillusion. Sur l'album, Trent Reznor y prête sa voix et ses harmonies. Réarrangée pour cordes dans la pierre, la chanson perd ses textures électroniques mais garde son vertige : celui d'un homme qui sait que la beauté ment, et qui la regarde quand même.

« Kalopsia », version originale (studio, 2013)

« Kalopsia », version des catacombes (Alive in the Catacombs)

Villains of Circumstance — Villains (2017)

Écrite d'un jet dans un hôtel autrichien, jouée en acoustique dès 2014, c'est une chanson d'amour à distance, des amants « otages de la géographie » qu'on rappelle à soi les yeux fermés. Son dépouillement d'origine la prédisposait aux catacombes : elle n'avait presque qu'à descendre.

« Villains of Circumstance », version originale (studio, 2017)

« Villains of Circumstance », version des catacombes (Alive in the Catacombs)

Suture Up Your Future — Era Vulgaris (2007)

Perle mélancolique cachée au milieu de l'album le plus abrasif du groupe, « Suture Up Your Future » parle, à mots couverts, de recoudre son avenir après une déchirure. Extraite de la fournaise d'Era Vulgaris et posée sous la terre, elle révèle enfin la ballade qu'elle avait toujours été.

« Suture Up Your Future », version originale (studio, 2007)

« Suture Up Your Future », version des catacombes (Alive in the Catacombs)

I Never Came — Lullabies to Paralyze (2005)

C'est le cœur émotionnel de la soirée. Ballade du non-abouti, de la relation qui n'arrive jamais à son terme, « I Never Came » prend, dans la bouche d'un homme qui a passé sept mois alité, une tout autre charge. La RTS y a vu, très justement, le moment où Homme « conjure la mort que son cancer lui a fait frôler ». Rien n'est dit explicitement, et tout est là.

« I Never Came », version originale (studio, 2005)

« I Never Came », version des catacombes (Alive in the Catacombs)

Acte II

Someone's in the Wolf / A Song for the Deaf / Straight Jacket Fitting — medley, 2002 → 2023

Ce medley, à lui seul, résume vingt ans de groupe. « Someone's in the Wolf » vient de Lullabies to Paralyze, « A Song for the Deaf » du sommet de 2002, « Straight Jacket Fitting » de l'album le plus récent. Et surtout, « A Song for the Deaf » portait à l'origine le chant de Mark Lanegan, membre de l'âge d'or, mort en 2022. Le rejouer, c'est faire résonner une voix absente : le premier des fantômes vocaux qui hantent cette soirée.

« Straight Jacket Fitting », version originale (studio, 2023)

Mosquito Song — Songs for the Deaf (2002)

Le morceau qui refermait Songs for the Deaf, caché après un silence, est un memento mori déguisé en berceuse : le moustique comme rappel que l'homme aussi fait partie de la chaîne, et finira dévoré. Coécrit avec Nick Oliveri, orné d'un final de cuivres imitant le bourdonnement, il était prédestiné au traitement orchestral des catacombes.

« Mosquito Song », version originale (Songs for the Deaf, 2002)

Keep Your Eyes Peeled — ...Like Clockwork (2013)

L'ouverture menaçante de ...Like Clockwork, un blues rampant aux éclats industriels, avec Jake Shears des Scissor Sisters aux chœurs. Sa noirceur d'origine, née de la quasi-mort de 2010, trouve dans la crypte un écrin naturel : la peur y était déjà chez elle.

« Keep Your Eyes Peeled », version originale (studio, 2013)

Spinning in Daffodils — Them Crooked Vultures (2009), reprise

Seule reprise de la soirée, et pas n'importe laquelle : le morceau de clôture de Them Crooked Vultures, l'autre groupe de Homme avec Dave Grohl et John Paul Jones. Le chanter à Bâle, c'est convoquer tout l'écosystème raconté dans l'article des laboratoires parallèles, et rappeler que rien, chez Homme, n'est jamais tout à fait séparé du reste.

« Spinning in Daffodils », Them Crooked Vultures (2009)

Acte III

« You Got a Killer Scene There, Man… » — Lullabies to Paralyze (2005)

Regard désabusé sur l'hédonisme de la scène rock, à la fois fasciné et méfiant. Là encore, la voix de Mark Lanegan se glissait dans les chœurs de la version d'origine : deuxième fantôme de la soirée. La captation d'ARTE à Bâle en garde la trace.

« You Got a Killer Scene There, Man… » live au Baloise Session 2025 (captation ARTE)

Hideaway — Villains (2017)

Chanson de séduction et de désir, dont Homme a expliqué le vers « addiction to friction » : l'univers est fait de collisions, et c'est du choc que jaillit l'étincelle. À Bâle, le groove disco de Villains se fait feutré, plus intime que jamais.

« Hideaway » live au Baloise Session 2025 (captation ARTE)

The Vampyre of Time and Memory — ...Like Clockwork (2013)

On l'a racontée dans l'article précédent : c'est le premier morceau que Homme a écrit après sa quasi-mort de 2010, une ballade au piano où il se demande, en substance, s'il reste encore quelqu'un derrière ses yeux. La rejouer dans un tombeau, treize ans et deux nouvelles frayeurs plus tard, referme une boucle.

« The Vampyre of Time and Memory », version originale (studio, 2013)

Auto Pilot — Rated R (2000)

C'est peut-être le passage le plus révélateur de toute la soirée. Sur Rated R, « Auto Pilot » était chanté par Nick Oliveri, avec Mark Lanegan aux chœurs : les trois voix de l'âge d'or, Homme, Oliveri, Lanegan, réunies sur un même titre. Vingt-cinq ans plus tard, Oliveri est parti depuis longtemps, Lanegan est mort, et à Bâle c'est Michael Shuman, le bassiste actuel, qui la chante. Homme ne se l'approprie pas : il passe le relais, perpétuant cette tradition très QOTSA de la voix partagée. Une transmission qui trouvera son écho quelques mois plus tard, au printemps 2026, quand Oliveri lui-même remontera sur scène pour la rechanter.

« Auto Pilot », version originale (Rated R, 2000), chant Nick Oliveri

Easy Street — inédit (2025)

Une surprise : « Easy Street » n'appartient à aucun album. C'est un morceau entièrement neuf, joué pour la première fois à l'ouverture de la tournée des Catacombes, au Chicago Theatre le 2 octobre 2025. Glissé au milieu de l'Acte III, il prouve que ce projet de raretés et de résurrection n'est pas qu'un regard en arrière : Homme continue d'écrire, et l'histoire reste ouverte.

« Easy Street », première mondiale, Chicago, 2 octobre 2025 (captation live)

Fortress — Villains (2017)

Homme l'a écrite pour ses enfants : une chanson qui dit que toute forteresse finit par tomber, mais que l'essentiel est de se relever. Dans le contexte de sa traversée médicale et de sa bataille pour la garde de ses trois enfants, ce message adressé à eux prend une résonance particulière.

« Fortress », version originale (studio, 2017)

…Like Clockwork — ...Like Clockwork (2013)

Le morceau-titre de l'album de la renaissance vient couronner l'Acte III. Ballade sur le temps qui passe et l'inéluctabilité du changement, arrangée à l'origine aux cordes par James Lavelle, elle boucle un fil tendu depuis la partie précédente : la résurrection de 2013 rejoue, à voix nue, celle de 2025.

« ...Like Clockwork », version originale (studio, 2013)

Rappel

Long Slow Goodbye — Lullabies to Paralyze (2005)

Un long adieu lent : le titre du rappel ne pouvait mieux nommer ce qui se joue. C'est le morceau qui refermait Lullabies to Paralyze, et dont la coda cachée abritait, on l'a dit, le riff de « Running Joke » entendu en toute ouverture. La boucle du concert se referme sur elle-même, du premier au dernier morceau, comme une horloge.

« Long Slow Goodbye » live au Baloise Session 2025 (captation ARTE)

L'ovation, et la trace

Quand la dernière note s'éteint, le public, écrit HardForce, « retient son souffle, puis explose. Standing ovation. » Le même compte rendu résume la soirée d'une formule qui vaut thèse : « un concert rare, audacieux, vibrant, qui prouve que le rock peut encore surprendre, non pas par le volume, mais par l'intention. » La RTS, plus réservée sur les limites du format acoustique face au répertoire électrique, n'en conclut pas moins à une « soirée extraordinaire ».

Le concert n'est pas resté confidentiel. ARTE Concert l'a capté et diffusé en intégralité, en haute définition. Ce qui aurait pu n'être qu'un soir unique, dans une halle bâloise, devant quinze cents personnes attablées, est devenu accessible à tous, archivé, transmis. La crypte s'était ouverte au monde.

Et pour ceux qui voudraient descendre à la source, le film tourné dans les catacombes de Paris, mis en ligne gratuitement par le groupe, reste le document fondateur de toute cette aventure.

Chapitre 21 : Le sommet n'est pas la virtuosité, c'est la résurrection

Contre l'hagiographie

Il serait tentant de raconter ce concert comme le sommet absolu, la performance indépassable, le soir parfait sans une faute. Ce serait un contresens, et une paresse. D'abord parce qu'une telle perfection est invérifiable, et qu'elle relève de l'hagiographie plus que de la critique. Ensuite, et surtout, parce que le concert des Catacombes n'a jamais cherché la perfection au sens de la virtuosité. C'est une réinvention, un pari, une forme fragile et volontairement clivante. On peut lui préférer le rock électrique, et la RTS elle-même reconnaît qu'il est difficile d'y retrouver « les effets vénéneux » du grand répertoire branché. Ce n'est pas un défaut : c'est le sens même du geste.

Queens of the Stone Age et leur formation orchestrale dans les catacombes de Paris

Le groupe et sa formation élargie, réunis sous Paris. La résurrection n'est pas un exploit solitaire : elle est collective.

L'architecture de la contrainte, jusqu'au bout

Pour saisir ce sommet, il faut le replacer dans tout ce que cette série a raconté. Depuis Kyuss et les generator parties du désert, Homme n'a jamais fait que travailler la contrainte. Le désert imposait sa chaleur, son isolement, ses amplis poussés dans le sable. Les Desert Sessions imposaient l'improvisation. Rekords Rekords imposait l'indépendance. À chaque fois, une limite choisie, et une œuvre qui en naît. Les catacombes ne sont que le dernier terme de cette logique, et le plus extrême : un lieu sans électricité, sans public vivant, où il serait « ridicule d'essayer de faire du rock ». La contrainte absolue. Et de cette contrainte absolue, Homme tire sa forme la plus neuve.

La mortalité comme dernière contrainte

Une contrainte de plus s'est ajoutée, pourtant, que les débuts ne connaissaient pas : la mortalité. Le désert de Kyuss était celui de la jeunesse ; les catacombes sont celles d'un homme de cinquante-deux ans qui a frôlé la mort trois fois. « Tu es entouré de ce que tu vas devenir », disait-il des ossements. Cette conscience-là change tout. Elle donne à la retenue du concert son poids, à chaque ballade sa gravité. Homme ne joue plus pour épater ; il joue parce qu'il est encore là, et parce qu'il sait, désormais, ce que cela vaut. Il le dit sans détour : « C'est ma religion et ma méditation, ma façon de résoudre le Rubik's cube de la vie. »

« Le rock n'est pas mort »

Voilà pourquoi le sommet n'est pas la virtuosité, mais la résurrection. Le fil conducteur de toute la série, l'idée que le rock n'est pas mort, trouve ici sa preuve la plus improbable. Le rock n'est pas prouvé vivant par un mur d'amplis ou un stade en délire, mais par un homme qui, au sortir de sept mois de lit, invente une manière entièrement neuve de jouer ses vieilles chansons, à voix basse, au bord de la tombe, et fait se lever quinze cents personnes. « Je ne suis plus malade, dit-il. Je me sens vraiment bien. Cette expérience m'a offert une nouvelle relation avec moi-même. » La perfection, s'il fallait la nommer, serait là : non dans l'absence de faute, mais dans la capacité à renaître.

Conclusion de la série : L'architecture de la perfection

Cinq articles, près de quarante ans, et une même obsession. Au terme de cette traversée, on peut enfin dire ce que signifiait le titre de cette série. L'architecture de la perfection n'était pas la promesse d'un groupe sans faute. C'était la description d'une méthode : construire, contre les contraintes, une œuvre qui tienne debout. La genèse dans le désert de Kyuss, la consolidation avec Songs for the Deaf, l'écosystème des laboratoires parallèles, la maturité arrachée à la quasi-mort, et enfin cette apogée souterraine, tout cela dessine une seule et longue ligne : celle d'un homme qui fait l'histoire plutôt que de la subir.

Et l'histoire, justement, ne s'arrête pas à Bâle. Au printemps 2026, la tournée des Catacombes repart pour cinq nouvelles dates américaines en salles, autour de Joshua Tree. Le 24 avril, sur cette terre du désert où tout avait commencé, Homme retrouve sur scène Nick Oliveri, son vieux bassiste renvoyé vingt ans plus tôt, pour la première fois depuis douze ans. La boucle se referme, là même où cette série l'avait laissée ouverte. Dans le même temps, le groupe électrique remonte sur les stades en première partie de System of a Down en Europe et des Foo Fighters en Amérique, comme si les deux versants de Homme, le murmure et le fracas, coexistaient enfin sans se contredire. L'écosystème reste vivant, ouvert, imprévisible.

Que retenir, alors, de Queens of the Stone Age ? Non pas qu'il serait le meilleur groupe de rock du monde, question sans réponse et sans grand intérêt. Mais qu'il aura été, pendant trois décennies, la démonstration obstinée qu'on peut refuser la mort annoncée du rock, non en la niant, mais en réinventant sans relâche ce que le rock peut être. Un groupe qui a fait de la contrainte un moteur, de la collaboration une méthode, de la survie un art, et de la mort elle-même une matière à création.

Rien de tout cela n'est resté confidentiel. Le concert filmé sous Paris a été mis en ligne gratuitement par le groupe, offert à qui n'y était pas : un autre enregistrement intégral d'Alive in the Catacombs, à voir en entier.

« Alive in the Catacombs » : un autre enregistrement intégral, en accès libre (chaîne officielle QOTSA).

Homme, lui, aura résumé tout cela d'une phrase, captée par un micro dans les catacombes et gardée dans le film, une phrase qui vaut pour son œuvre entière autant que pour sa vie : « Quand tu traverses l'enfer, continue d'avancer. » C'est peut-être là, au fond, toute l'architecture de la perfection : non pas ne jamais tomber, mais toujours se relever.

Affiche Royal Albert Hall, finale de la tournée des Catacombes

« Alive in the Catacombs », Royal Albert Hall, Londres, 29 octobre 2025 : la finale de la tournée

✦ FIN DE LA SÉRIE ✦

SÉRIE QOTSA : ARCHITECTURE DE LA PERFECTION

Article 1 : GENÈSE
1987-2000
Article 2 : CONSOLIDATION
2002-2005
Article 3 : LABORATOIRES PARALLÈLES
1997-2016
Article 4 : MATURITÉ ET RENAISSANCE
2007-2023
Article 5 : APOGÉE
Baloise 2025 • Vous êtes ici

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Sources et Références

Le concert et le projet

Queens of the Stone AgeAlive in the Catacombs (EP + film, 2025). Enregistré dans les catacombes de Paris, juillet 2024. Film réalisé par Thomas Rames (La Blogothèque), EP le 13 juin 2025, Matador Records.

Alive in the Catacombs & Alive in Paris and BeforeLe film (cinq titres) et son making-of (réalisé par Andreas Neumann) mis en ligne gratuitement sur la chaîne YouTube officielle du groupe, décembre 2025.

Baloise Session 2025Concert du 21 octobre 2025, Event Halle, Messe Basel (Bâle, Suisse). 40e édition du festival. Première partie : Moonpools.

ARTE ConcertCaptation intégrale du concert de Bâle (et du set de Cabaret Vert, 16 août 2025), diffusion HD et en ligne.

setlist.fmSetlist du 21 octobre 2025, The Catacombs Tour, horaires et crédits.

Affiches et direction artistique

White Duck EditionsSérigraphies officielles de la tournée européenne des Catacombes 2025, une affiche par ville : Milan (Nacho), Paris (Shian), Bâle (Rodolfo Jofre), Berlin (Vance Kelly), Londres / Royal Albert Hall (Dido Peshev), etc.

The Rock Poster Society (TRPS)Notices sur Alan Forbes et Ken Taylor, affichistes récurrents de QOTSA, sérigraphies signées et numérotées depuis 1999.

Juxtapoz / GetintothisJosh Homme et Boneface sur la direction artistique de ...Like Clockwork et Villains.

Comptes rendus et critiques

RTS (Olivier Horner), octobre 2025. Compte rendu du concert : format, dramaturgie, « I Never Came », le cancer frôlé.

HardForce, octobre 2025. Live review : treize musiciens, dramaturgie en trois actes, standing ovation.

Testspiel.de, Visions (9/12), NME (4/5). Chroniques du concert et de l'EP/film.

Interviews et sources primaires

Josh Homme, Consequence (cover story, juillet 2025). Les catacombes, la santé, les sept mois alité.

Josh Homme, Zane Lowe / Apple Music, juin 2025 (via MusicRadar). « This is not an MTV Unplugged. »

Josh Homme, Wallpaper*, 3 juin 2025. « The day after the catacombs, I was under the knife three hours later. »

Communiqué Matador et bande-annonce du film. « Surrounded by what you will become. »

Santé et chronologie

Cancer diagnostiqué en 2022, « all clear » annoncé fin 2023 (ITV News). Nature jamais divulguée.

Urgence médicale de juillet 2024 : chirurgie non divulguée, annulation des dates européennes (9 juillet) puis de toute la tournée 2024 (23 août 2024).

Prolongements 2026 : tournée américaine des Catacombes (avril-mai, avec Libby Grace, retrouvailles avec Nick Oliveri à Joshua Tree) ; QOTSA en support de System of a Down (Europe) et des Foo Fighters (Amérique du Nord).

Date de publication : Juillet 2026
Auteur : Augustin Moritz Kuentz
Série : QOTSA, Architecture de la Perfection — Article 5
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