Monnaies locales, dons, entraide : l'économie alternative qui prospère dans les zones autonomes.
L'économie zadiste combinait don, troc, monnaie locale et mutualisation. La « non-market » hebdomadaire distribuait gratuitement légumes, pain, conserves selon les besoins. L'atelier vélo réparait contre participation libre. La bibliothèque de 15 000 ouvrages fonctionnait sans inscription.
La monnaie locale « la Maillette », lancée en Loire-Atlantique en 2014 et adoptée par la ZAD, circulait entre une centaine de producteurs et usagers (1 maillette = 1 euro). Ce circuit économique autonome reliait la ZAD au territoire élargi, créant des solidarités au-delà de l'occupation.
Plus impressionnant : la productivité. La boulangerie « Le Hangar » produisait 600 kg de pain bio par semaine. Le maraîchage nourrissait 200 personnes en légumes. L'élevage fournissait viande et produits laitiers. Les low-tech omniprésentes, éoliennes bricolées, panneaux solaires récupérés, phytoépuration, assuraient l'autonomie énergétique partielle. Un audit externe de 2017 estimait la production annuelle à 800 000 euros, remarquable pour une zone « en lutte ».
Jean-Baptiste Vidalou, philosophe-paysan, théorise : « Nous avons démontré qu'une économie post-capitaliste est possible ici et maintenant. Pas besoin d'attendre le grand soir. Il suffit de commencer. Notre richesse ne se mesurait pas en PIB mais en liens, en autonomie, en joie de vivre. C'est ça l'économie du futur : produire de la vie, pas du profit. »